lebensfrage / questions de vie

Chapelle du Carmel, Chalon-sur-Saône
du 20 Octobre au 14 Novembre 2020

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“Katherine Oh est née en 1976 à Los Angeles de parents coréens. Elle a grandi en Californie et a étudié les beaux-arts au San Francisco Art Institute. De passage en France en 1999, elle s’y est durablement installée. Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2005, elle travaille dans son atelier parisien à Pantin. Une période importante de son travail a longtemps été l’exploration des ciels, les espaces mentaux et éthériques avec pour référence un livre d’Hubert Damisch : « Théorie du nuage, pour une histoire de la peinture ». « Au Moyen Age jusqu’à la fin du XIXème siècle, le nuage hante le ciel de la peinture occidentale. Moins qu’un motif descriptif, il constitue un élément de la sémiotique picturale, un graphe dont les fonctions varient avec l’époque. A l’origine utilisé, à l’imitation des machines de théâtre, pour faire apparaître le sacré dans le réel (Ascension du Christ, visions mystiques…), il joue un rôle plus ambigu à la Renaissance, au moment où le modèle perspectif assure la régulation : le nuage vient alors masquer l’irreprésentable infini, en même temps qu’il le désigne, assurant ainsi l’équilibre paradoxal d’une institution picturale intimement liée aux conditions de la science ».

A présent Katherine Oh travaille à un cycle d’œuvres sensibles inspirées de Peer Gynt, un drame poétique et philosophique devenu pièce de théâtre, de l’auteur norvégien Henrik Ibsen, sur une musique d’Edvard Grieg, joué pour la première fois au Christiana Theatre d’Oslo le 24 février 1876. Peer Gynt part défier le vaste monde et rate tout ce qu’il entreprend avant de découvrir, seulement à la fin, la vérité de la solitude de son unique individu. Étonnant et long voyage initiatique d’un anti-héros qui abandonne Solveig sa promise, enlève dans une fête nuptiale une jeune épouse séduisante pour la laisser, rencontre ensuite une des filles du légendaire roi des montagnes, qui séduite, l’entraîne dans le monde des trolls et des démons qu’il va fuir. Il quitte alors la Norvège et se retrouve en Afrique du Nord où il alterne fortune et infortune, naufrages maritimes, pour revenir mourir dans son pays auprès de la fidèle Solveig… « Ton voyage est fini, Peer, tu as enfin compris le sens de la vie, c’est ici, chez toi et non pas dans la vaine poursuite de tes rêves fous à travers le monde, que réside le vrai bonheur ».

Et dans son cheminement, suivant Peer Gynt, chacun des tableaux de Katherine Oh est inspiré d’un morceau de la musique de Grieg, forêts profondes, montagnes aux cimes aiguisées, pour à la fin en arriver à se poser des questions sur soi-même, pratiquer une forme d’introspection où la matière picturale se confond avec la pensée devenue pure abstraction.”

Jean Binder